Voici, en rouge, les corrections que je me suis senti obligé d'apporter à ce texte,

et j'en ai fait part à l'auteur :

Dans le genre clown triste, Chaval se posait un peu là. Un jour, un de ses admirateurs vient le voir. Il est encore plus triste et de surcroît ne sait pas dessiner. Bosc ne connaissait pas Chaval avant fin 1952, il n'est jamais allé le voir. Après s'être essayé à la musique et à la peinture sans succès, il est tombé sur un livre d'André François qui lui a donné envie de se lancer vers le dessin d'humour. Pour mieux comprendre le dessin, il a acheté un livre de Mose. André François et Mose ont été ses premièrs inspirateurs bientôt suivis par les Américains Chas Addams et Steinberg. Chaval sent malgré ça que c'est quelqu'un comme son frère ou son fils spirituel. Il l'encourage. L'autre se met à dessiner. Bosc s'est mis à dessiner tout seul au mas familial, dans son village d'Aigues Vives. 3 mois plus tard, il montait à Paris avec 49 dessins sous le bras, après avoir brûlé plus de 200 dessins qu'il n’estimait pas valables. Tandis que ses dessins vont faire rire le monde entier, dans les années qui suivent, le bonhomme, lugubre, s'enfonce dans le désespoir total. Aucun être humain ayant croisé Bosc ne l'a trouvé lugubre. Il était énigmatique, très silencieux, il adorait le silence mais avait un regard posé et un sourire qui ne le quittait jamais. Sa maladie l'empêchait de se nourrir et de se reposer et il en souffrait. Jusqu'à la fin il ne s'est jamais enfoncé dans le désespoir. Voir les interviews dans lesquelles il parle de son bonheur d'être apprécié pour ses dessins, et de sa joie d'être vivant et pas pressé de partir!
Nous sommes à la fin des années 40. Non, fin 1952. Paris Match lui prend un premier dessin. Paris Match lui offre une pleine page avec 8 dessins.
Il faut dire qu'il a tout de ses personnages. Il les dessine falots, minables, voûtés, accablés par la vie de con qu'ils mènent, avec un long tarin qui ne les rend pas beaux. C'est un peu lui, tout ça. Qui a vu que Bosc était voûté ? minable ? falot ? C’est tout le contraire de lui, qui se tenait si droit et qui avait tant de classe qu'il nous donnait des leçons de bienséance quand il venait chez nous! Bosc pas beau ? Je peux te passer quelques photos de lui si tu ne l'as jamais vu, ou alors te faire lire les lettres des jeunes filles qui attendaient leur tour pour partager sa vie.
Son dessin se reconnait au premier coup d'œil. Rien de spectaculaire, son trait est un peu mou, parfois hésitant, à l'image des personnages. C'est exactement ce qu'il fallait pour illustrer ses idées lugubres. Comment se fait-il que tant de dessinateurs le considèrent comme le maître du trait, tant son style est assuré, incisif, comme gravé dans le papier, d'ailleurs, pour un seul dessin, il lui fallait plusieurs plumes sergent major, qu'il tordait à l'envers. Mou, le dessin de Bosc ? Et bien sûr, rien de spectaculaire, alors que 50 ans plus tard on s'extasie encore devant le "spectacle" de ses dessins.
Bosc toute sa vie a été malade. La tuberculose, le sana. !? Où donc as-tu été chercher ça ? Bosc au sana ?? Puis les nerfs, la déprime, la dépression, les maisons de repos. D’accord, mais Il aurait fallu préciser la cause de cette rupture des nerfs, le retour du Viet Nam, car la "maladie" de Bosc a débuté en 1948, il avait 24 ans.
Lorsqu'il va "bien", il fuit le monde, ne mange presque pas, n'ouvre guère la bouche. Ses amis sont rares. Tout le dégoute. Pourquoi "tout le dégoûte" ? Rien ne l'a jamais dégoûté sauf la torture et l'absurdité. Et ses amis ne sont pas rares, Bosc ne sort pas, donc rencontre peu, mais devient ami avec tous les gens qu'il a rencontrés.
Sur ses dernières années, il ne dessine presque plus. Il s'est retiré à Antibes, dans une maison anonyme. En 1965, il achète un appartement en marbre dans la plus belle résidence au centre d'Antibes, à 2 pas du port! où il vit avec sa vieille mère Sa mère habitait une caravane qu'elle avait achetée à des gitans de passage, dans une vigne, dans le village de Codognan, à 300 Km d'Antibes. Elle est arrivé pour lui rendre visite la veille de son suicide, mais n'a jamais habité avec lui, ni avec personne. Elle aussi était éprise de liberté et passait toutes ses nuits à écrire des lettres dans le monde entier. et son infirmière dont il a fait sa compagne. Joséve, sa dernière compagne est restée 2 ans avec lui.
En 1967-68, ses seuls amis disparaissent. La femme de Chaval se jette dans la Seine, puis Chaval s'asphyxie au gaz. Terrifiants exemples. Y-a-t-il un fond au désespoir ? Si oui, Bosc est passé au travers depuis longtemps. Bien sûr, la perte de Chaval a été quelque chose de très éprouvant pour toute la famille des humoristes, mais depuis longtemps ils s'étaient perdu de vue, par contre, Bosc avait une relation suivi avec Folon, Desclozeaux, Sempé, Ronald Searle et bien d'autres si j'en crois la correspondance que nous avons gardé. En 1969, Bosc était toujours aussi heureux de vivre, avec ses amis d'Antibes et son petit voilier!
En mai 1969, il réalise un dernier dessin, jamais publié, et qui résume bien ce qu'il pense de lui même, ce qu'il pourrait se dire : "remue toi, fais quelque chose, la vie vaut la peine d'être vécue. Ce dernier dessin, Bosc l'a fait en 1971. Il est ensuite resté 2 ans sans dessiner, mais pendant l'année 1970 et début 71, il dessine pour LUI, certains inédits ou bien il colorise des dessins plus anciens. Puis, il va dans son garage, un révolver en main. Il s'agit d'un fusil de chasse qu'il a acheté le matin même, mais que c'est-il passé entre mai 1969 et mai 1973 ? Il le glisse dans sa bouche et tire.
... Il a déjà été exposé souvent, mais on ne le reconnaîtra jamais comme une star du dessin. Déjà en 1953, dans des livres américains, il fait partie des meilleurs dessinateurs du continent! Ca l'aurait drôlement emmerdé d'ailleurs. Faux, rien ne faisait plus plaisir à Bosc que de recevoir un prix ou qu'un de ses dessins soit reconnu comme "très bon"!

 

retour                                  revue suivante

les expositions
les salles d'expos
retour accueil
la bibliographie
les biographies
les galeries photos